Avec ces chroniques nous partageons avec vous nos observations sur la vie des marques à travers le monde.
PARIS
JOEL DESGRIPPES
Le rôle du son pour les marques
Les sons des appareils domestiques sont pris très au sérieux par nos industriels qui font appel à des spécialistes d’un nouveau genre, les designers sonores. Le son participe plus dans la perception du produit qu’il y a un certain nombre d’années. C’est aussi un élément de différenciation : on est dans un monde international très concurrentiel et le son fait partie de la perception intuitive de la qualité de l’objet. Une femme quand elle utilise son bâton de rouge à lèvres, elle a deux préoccupations. La première c’est qu’il soit bien fermé, donc un son sec, un déclic et bien sûr là on choisit les matériaux en adéquation avec ce son. Et puis le deuxième son c’est justement le non-son, le non-bruit, c’est le geste de qualité, c’est le geste de précision et quand elle sort son bâton il faut qu’il y ait absolument aucun. Là on utilise des matières comme le nylon, ou autres matières souples. Il faut savoir que la femme qui utilise son rouge à lèvres ne parle jamais spontanément du son, mais inconsciemment, si on ne répond pas à cette attente, elle n’achètera pas l’objet. Il y a des tas de tests qui ont bien sûr été fait et réalisés. Je pense qu’on ne peut pas tout faire dire au son, je pense que pour certains produits et je prends l’exemple de l’aspirateur : le son de l’aspirateur rassure les ménagères bizarrement sur l’efficacité de ce qu’elle fait. Un aspirateur qui fait zéro bruit – et ça existe – probablement ce serait l’angoisse. Maintenant je crois qu’il faut toujours placer la poésie au bon endroit. Il ne faut pas chercher partout à vouloir trop poétiser les choses : il y a des sons qui sont de l’ordre de l’efficacité et on doit les laisser efficaces. Il y a des choses qui basculent dans le confort, l’émotion et on doit avoir une réponse adéquate.
CINCINNATI
ALETA KNAPP
Design et décision d'achat
Hi, je suis Aleta Knapp et je travaille au bureau de Cincinnati. Je me trouve chez Reser Bicycle à Newport, dans le Kentucky. Voici une anecdote qui prouve à quel point le design influence nos achats, ici, ma décision d’acheter un VTT… J’ai commencé à y réfléchir il y a bien 6 mois. Et manifestement, ce n’est pas le choix qui manque ! Ils proposent ici la marque Rocky Mountain, à laquelle je me suis intéressée un temps. J’ai eu un Iron Horse à une époque… Mais le vélo dont j’étais vraiment folle est un Yeti, fabriqué, ou tout du moins conçu à Golden, dans le Colorado. Il s’agit vraiment d’un vélo très abouti, probablement trop bien pour l’usage que j’en ferais. Mais je suis tout bonnement tombée amoureuse de ce modèle 575. J’adore son cadre. J’adore son look. J’aime la façon dont je peux me tenir dessus, la manière dont il prend les virages. Il ne ressemble à aucun autre. Mais ce qui m’a le plus frappée quand je suis monté pour la première fois dessus, c’était la manière dont esthétique et fonctionnalité étaient étroitement liées. D’abord, il est performant et confortable. Il me permet de maîtriser le terrain comme personne. C’est étonnant combien l’esthétique de ce vélo se fond dans sa fonctionnalité. Ce qui m’importait aussi c’était la qualité de sa suspension. Or, sa suspension est incroyable. Elle possède un jeu extraordinaire, un vrai atout quand on roule sur un terrain compliqué : sous-bois, terrain très pierreux ou exercice de cross. La vraie performance c’est qu’il te donne l’impression de garder constamment le contrôle, alors que tu n’es que sur une seule roue. Ma technique est complètement ajustable en fonction du terrain : au plus près en ville, plus souple et réactive sur terrain accidenté… Ce qui caractérise ce vélo, outre la géométrie de son cadre, c’est la façon dont il se comporte. J’ajouterais aussi que ses pédales clipsables sont très fonctionnelles. Je les ai choisies orange, ça donne un look d’enfer à mon vélo. C’était Aleta Knapp, au beau milieu de la rivière de Cincinatti, Ohio, et en pleine observation de notre monde.
CINCINNATI
TIM SALACH
Acheter local pour le développement durable
Bonjour, c’est Tim Salach. Je suis directeur financier de Brandimage. Aujourd’hui je me suis rendu sur un marché fermier, pour vous parler d’une interaction intéressante entre le marketing et l’économie. Pourquoi un marché fermier ? Parce ce que je pense depuis longtemps que « le local est l’avenir du bio ». Je vois le retour à l’approvisionnement local et l’intérêt pour le développement durable comme une réponse aux questions que les sciences économiques ne peuvent résoudre. Laissez-moi passer en revue avec vous l’histoire de la pensée économique, de sa naissance à sa faillite actuelle, et ensuite je vous exposerai comment cette science interagit avec le marketing. La pensée économique occidentale est née dans le courant du 18ème siècle. Adam Smith croyait qu’une main invisible guide le marché. C’est-à-dire que les consommateurs sont libres d’acheter ce qu’ils veulent, que les producteurs sont libres de vendre ce qu’ils veulent, de le produire comme ils le veulent, et de le vendre où ils le veulent. L’offre et la demande vont se rencontrer et s’équilibrer pour satisfaire le consommateur, le producteur, et la société en général. C’est séduisant de simplicité. Par exemple, si vous voulez envoyer un produit à l’étranger et en tirer un profit, personne ne peut vous en empêcher. Cette logique permet d’importer de l’eau des Iles Fiji et de construire des parcours de golf en plein désert. L’air conditionné en est un autre bon exemple. Parce qu’il nous permet de nous installer dans de vastes territoires du Sud-Ouest des États-Unis. L’idée c’est que, si vous êtes capable de payer pour faire marcher l’air conditionné chez vous, c’est que vous avez le droit de la faire fonctionner tant que vous voulez. Nixon avait l’habitude de le faire tourner à plein régime, si bien qu’on aurait pu allumer un feu dans les cheminées de la Maison Blanche en plein mois d’août. C’est la parfaite application de : « Si tu peux te le payer, pourquoi pas ? ». La main invisible se heurte cependant à ce qu’on appelle les externalités. Il s’agit des coûts qui ne sont pas pris en compte lors des transactions. Par exemple, si une espèce intrusive s’est embarquée avec le produit lors de son importation, personne ne va payer pour les dégâts causés dans le système environnemental du pays importateur. Ceux qui peuvent se payer l’électricité, ne payent pas pour les émissions de CO2. Il n’y a pas de main invisible qui empêche la fonte des glaces au Pôle Nord. Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, a ainsi pu déclarer : « la seule raison pour laquelle la main invisible est invisible, c’est qu’elle n’existe pas ». Voici pourquoi je vous parle aujourd’hui de ce marché. Je pense que les gens commencent à percevoir que, même si l’économie fonctionne, ils ont aussi à agir dans l’intérêt des générations futures. A projeter leurs actions dans le temps. L’approvisionnement local est important dans le concept du développement durable, car les produits ne viennent pas de loin, et qu’il n’ont pas pu entraîner une consommation d’énergie fossile. Et les possibilités pour qu’une espèce intrusive ait pu s’immiscer dans le circuit de distribution sont minimes. Les marchés fermiers sont un bel exemple d’approvisionnement local. Bon, mais qu’est-ce que tout ceci a à voir avec le business ? Et bien, c’est que le développement durable peut être un critère de différenciation. Les consommateurs attendent des produits qui portent cette valeur en eux. Vous pouvez créer la différence en mettant cet argument en avant. Et mieux vaut le promouvoir que d’attendre que le bouche-à-oreille fonctionne. C’est au responsable marketing de mettre tout en œuvre pour que cela se sache. C’était Tim Salach, qui observait le monde et le développement durable en marche au marché fermier de Cincinnati.
NEW YORK
KAREN SCHNELWAR
Petit magasin mais grandes idées
Voici la première chronique de N.O.W. - Noticing Our World. Nous vous y livrons nos observations sur notre quartier, notre ville, et le monde qui nous entoure. Nous sommes à New York, dans le quartier de « Noho », au Nord de Houston street, juste au-dessus de Soho. C’est ici que se trouvent nos bureaux. Nous adorons ce quartier qui est encore en développement et n’est pas envahi par les magasins. Il ne se passe pas un jour, une semaine ou un mois sans que nous puissions apprécier ses transformations au gré de nos promenades. Cet ensemble de bâtiments-là, est un de nos préférés, car il forme un triangle, très atypique pour la ville de New York. Le premier immeuble, qui constitue la pointe de ce triangle, abrite un magasin de sandwichs. Sa pancarte le compare à une « proue de navire ». Ces bâtiments font tout maigrelets. Les magasins y sont très étroits et ont aussi la particularité, assez inhabituelle, d’avoir des fenêtres qui donnent des deux côtés. Lors d’une promenade au hasard dans le quartier, à la recherche d’un endroit pour déjeuner, un magasin a particulièrement attiré notre attention. P7 C’est le mot « SAVE » dans la vitrine, qui nous frappé, en tant que nom de magasin. Il nous semblait intéressant de vous parler de cette enseigne, qui s’appelle en fait « SAVE Khaki », parce qu’elle suscite des réflexions sur les tendances sociologiques, culturelles et commerciales. La façon dont est aménagé ce magasin traduit l’essence même de la marque : parquet non traité très simple, charpente en bois apparente… On dirait presque… du bois de récupération. Son identité visuelle et ses packagings sont empreints d’une simplicité intéressante et efficace. Ils semblent utiliser beaucoup le papier carton et des matériaux de récupération, comme des gobelets pour le café, etc… Le logo « SAVE » est comme tamponné, ou peint au pochoir, sur chaque emballage. On pourrait mettre en cause cette approche qui peut sembler industrielle et déshumanisée. Mais comme les empreintes « SAVE » ont l’air finalement toutes légèrement différentes les unes des autres, elles nous ramènent plutôt à la personnalité et à l’individualité de la personne qu’on imagine les appliquant sur chaque emballage. Il y a peu d’articles en vente ici, mais ceux qu’on trouve sont très bien réalisés, on y reconnaît l’amour des choses bien faites. Leurs vêtements en coton ont une allure joliment vintage et rendent vraiment bien dès qu’on les enfile. Ils ont fait sérigraphier le logo de leur marque à l’intérieur. C’est une tendance de toute l’industrie du vêtement : quelque chose de très confortable, un effet « seconde-peau », des matières pures. Leurs vêtements sont respectueux de l’environnement et aussi plus respectueux pour votre peau. Leur coton vous semblera véritablement unique comparé à ceux d’autres marques industrielles parce que chaque pièce est personnalisée. Aujourd’hui notre environnement est tout sauf simple et calme. Tout est sur- médiatise, marketté, produit en masse, mondialisé, et les gens sont connectés en permanence avec internet et tous les moyens de télécommunications. Je pense qu’une telle marque représente une bonne alternative à ce monde sur-stimulé, sur-marketté et surexcité. Ici, les gens peuvent trouver des petites choses bien faites, à l’aspect tendrement vintage, qui les rend proches de nous, même la première fois qu’on les met. Comme un doudou dans votre armoire à vêtements. La simplicité qui émane de ces articles, les rend essentiels, évidents. Je pense qu’il se dessine un vrai désir et une vraie tendance du retour à l’authenticité, dans ce monde où tout est fabriqué en masse et où tout le monde possède un milliard de choses. Vous retrouvez résolument un message de simplicité qui colle avec le nom de la marque et avec une volonté de préservation de la planète. Karen Schnelwar New York City
from Brandimage offices around the world.
Holiday greetings
Vœux 2009 autour du monde